Pax Americana en quête de Risorgimento
Pax Americana en quête de Risorgimento12/02/2026
Soumettre « Initiative UN80 »à l’épreuve de la Science Prospective » ne devrait en aucun cas relever d’une tentative de programmer son obsolescence encore moins son enterrement. Juste rappeler l’importance pour une unité d’analyse de cette importance de recourir à la prospective globale avant tout effort d’introspection.
Un autre projet vient de tomber dans le même piège quand il ignore l’existence d’un scénario à l’horizon 2025, « crafté » dès 1999 et dont le story telling tourne autour de l’hypothèses d’un « Forum Mondial pour la Paix » en lieu et place de celui de Davos. Au lieu d’en tirer la moindre leçon, ce projet plaide « Risorgimento avant-courrier de la Renaissance !" derrière un Conseil pour la Paix (BoP). Comme pour dénoncer l’obstacle qu’a été l’ONU à toute guerre mondiale en 80 ans alors que cette organisation aura été aussi le principal « chien de garde » du régime de domination absolue ou pax americana. Sa surmédiatisation l’expose donc à un examen critique avant tout pronostic sur les qualités performatives. Au préalable, une rappel des faits permet de bien circonscrire ce qui n’est à ce stade qu’un simple projet.
1. Rappel des faits
C'est ainsi qu'un Régime de Domination Absolue sur le reste du monde affiche sa prétention de s’élever au rang de "Homo Divinus Americanus". Pour la première fois, il réalise que si la Sécurité limite encore les risques d'une autre guerre mondiale, elle n'est pas adaptée pour préserver partout la Paix. D'où l'idée du Board of Peace (BoP), lancé en respectant les formes pour ne pas donner l'impression de vouloir "remplacer" tout le Système des Nations Unies (SNU) : inviter seulement un tiers des pays qui en sont membres (60/193), imposer des obligations préliminaires pour limiter le nombre de candidats à la tombe (28) ainsi que leur participation à la cérémonie (18), dissuader les autres membres permanents du Conseil de Sécurité (CS) d'en faire partie (4).
Le but de la Charte signé clair : constater l’état cadavérique du CS, l’enterrer vivant dans une tombe, célébrer sa renaissance sous la forme du BoP. Avec néanmoins un traitement différencié : BoP bénéficie du statut de propriété intellectuelle exclusive. Aussi, tout participant doit débourser $US 1 Mds, accepter de s’exprimer en langue anglais et de se familiariser avec l’évangélisme chrétien.
Les autres membres permanents du CS déçus d’être relégués en simple invités, restent à l’écart dans l’espoir de retrouver une place privilégiée au détriment des autres participants à la séance. Mais ces quatre ne forment pas un bloc uni ne serait-ce que pour mieux peser sur la balance. Deux se font remarquer en élevant la voix pour rappeler leur statut d’alliés. Les deux autres gardent le silence dans l’espoir de préserver le statu quo au sein du CS. Tous se contentent seulement d’alerter sur les risques de type jungle, piratage, loi du plus fort et de dénoncer l’obscurité dans laquelle plonge le monde entier. Aucun ne se donne la peine d’en savoir plus sur le critère de choix des invités. Pourquoi tant d’autres sont exclus y compris ce groupe de pays ayant « offert » sur un plateau la façade Atlantique lors d’un accueil solennel à la Maison Blanche courant 2025 ? Pourquoi l’Union Africaine continue d’exiger un siège dans cette tombe ? En somme quel est l’enjeu ?
Le rappel des faits inscrit BoP hors du champ de la Science Prospective dès lors qu’il réduit un scénario (Onu coiffée) à une vision d'un nouveau régime de domination. Il n'est pas encore dans la Science Transformative étant par définition sans Plan B, se limitant à l’aide d’une multitude de gratte-ciel à une "persification" du RoW (reste du monde), une fois désarmé, déstabilisé et sélectivement dépeuplé.
BoP est par contre à l'épreuve de la Science Constructive dès lors qu'il affiche sa volonté de faire du Conseil de Sécurité un enjeu suffisamment global pour réduire, ses autres membres permanents au statut d’actants, esquisse un Test-Bed dans plusieurs laboratoires dans l’espoir de disposer enfin du Master Plan de transformation du reste du monde (RoW) en un espace à accès libre, au grand plaisir de tant de redeemers nostalgiques de la Grande Dépression et démoressourcistes déguisés en doomers au service d’une cause rédemptrice au prétexte de «sauver l’humanité» à l’aide d’une triple bombe IA, carbone et démographique.
Ce n’est évidement pas une vision constructive mais une simple aspiration dépourvue d’une quelconque matrice enjeu/acteurs et d’une palette jeu/but/cibles suffisamment transparente pour que les autres pays se prononcent en connaissance de cause :
- basculer dans le néofascisme une fois l’Onu « coiffée » au nom de ce vieux principe selon lequel « la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens (Général Carl von Clausewitz) » ;
- s’ériger en porte drapeau d’un autre principe : « la paix découle d’une culture politique (policy) quand la guerre découle d’une culture d’entrepreneur politique (political).
En somme s’inscrire dans la science positive derrière « le réalisme naïf » ou dans la science constructive.
2. BoP et le Fmi coiffent l’Onu
L’autre piège découle de l’autorisation donnée au Fmi de réaliser tout «massacre à la tronçonneuse» de type pin’s. L’essentiel est d’y fondre tout le Système. En guise de récompense, garantir la continuité dans sa direction laissant ainsi le Fonds entre les mains d’un ami. Que reste-t-il alors du consensus établi sur le profil du prochain SG de l’Onu ? une femme ? oui ; latino-américaine ? surtout pas quand à peine 2 pays de cette région (Argentine, Paraguay) parmi les invités acceptent de signer la Charte du BoP.
En lieu et place de l’Onu, faire de la Paix un Capital » sous surveillance du Fmi délivrant une certification uniquement à tout Etat-parti, voila un système garantissant la pérennité du flux continu d’évasion massive des capitaux et des ressources d’autant plus facilement qu’il est aux mains de spécialistes de « dettes cachées » qui veulent eux aussi leur part du gâteau. Le Risorgimento n’est pas loin. R. O. Paxton va-t-il revisiter sa position alors qu’il avait exclu cette hypothèse préférant affirmer seulement que «Le régime de Trump est une ploutocratie, (le Monde, 6 mars 2017».
C’est ainsi que le « réalisme naïf » plonge le monde dans une nouvelle version du néofascisme d’autant plus facilement qu’un monument a été élevé à son honneur et que le détenteur de 35 % des droits d'auteur invite « les intellectuels présents à cette cérémonie comme le prix Nobel de littérature Wole Soyinka à dépoussiérer l’histoire, remettre les pendules à l’heure et de regarder résolument vers l’avenir ». Il a fallu néanmoins attendre 23 ans pour que celui-ci dénonce l'adoption de "l'esthétique d'un art public néofasciste" dans son dernier ouvrage "Par-delà l’esthétique" (Présence Africaine 2025). Une dénonciation n’ayant suscité aucune contestation encore moins condamnation. Pour beaucoup moins, un mercenaire claviardeur avant la lettre a été tout simplement condamné à « mort » par tous les disciples de ce même gourou, simplement parce qu’il l’avait invité à tenir compte des progrès permis par la cliomètrie (A. Maddison) dans la reconstruction du scénario du second millénaire invitant à se départir de l’existence d’un prétendu modèle américain à imiter par l’Afrique. Sans doute le coup de trop puisqu’il s’était permis aussi de refuser de rejoindre son clan après l’avoir initié à la prospective, obligé de doubler le salaire de tous les fonctionnaires gelé depuis plus d’une décennie après avoir freiné les appétits de son prédécesseur à l’aide d’une illusion lyrique (Sud Quotidien mars 2000) inspirée par celle de Dante :
Oh vanité des maîtrises humaines !
Et comme il dure peu le vert frais de leurs cimes,
S’il ne survient quelque âge plus grossier !
Cimabue se crut, dans la peinture ,
Maitre dans l’art du champ ; or Giotto a le cri,
Tant qu’en est obscurci le renom du premier.
…
2. La paix découle d’une culture politique (policy)
Un rebondissement inattendu est-il néanmoins possible ? Quelques pays peuvent-ils reprendre l’initiative, proposer une alternative au "benign neglect" au profit d’une vision robuste suscitant l’adhésion de tous au détriment de BoP obsolète ? La succession d’événements désastreux découlant de ce projet rendra plus facile un consensus entre plusieurs d’entre eux. Les arguments ne manquent pas : la paix n’a pas besoin d’une charte quelconque mais d’une vision robuste. Si c’était le cas, plusieurs zones de conflits seraient rentrées dans l’ordre à commencer par les Etats-Unis. Il ne faut même pas exclure que l’initiative vienne de ce pays dès qu’il bascule dans un régime de démocratie universelle matérialisé par un véritable écosystème fédéral facile à partager avec les autres pays.
C’est que l’adhésion de tous à une nouvelle vision d'un monde en paix implique une rupture radicale avec son allure néo westphalienne actuelle complètement embourbée dans la forme westphalienne traditionnelle voire jacobine, sources de tant de violence et de terreur. Un agenda au cœur de l'écosystème quantique mondial déterminé à valider cette vision lors du prochain Quantum World Congress (QWC 22-24 septembre 2026) quand il s’engage à accélérer la démocratisation...comme valeur fondamentale afin que les inégalités ne deviennent pas plus extrêmes et que la confiance de la société dans le quantum puisse être gagnée et maintenue. En somme, acter la fin de la stagnation multimillénaire une fois le monde sorti du XXe siècle par l’oscillation entre Open et Innovation Science. Une rupture radicale créatrice. Encore faut-il bien prendre la mesure de la distance scientifique du QWC à cette Renaissance sans tomber dans les multiples pièges du néofascisme qui ne se limitent pas à la tentative de coiffer l’ONU.
Un rebondissement possible n’est pas à exclure quand « Pax Amerigondwana se forme progressivement à l’issue d’une réconciliation entre Americana avec Gondwana au propre comme au figuré. Le rétrécissement de l’Océan Atlantique facilite son invitation sous la pyramide où il se familiarise avec l’Architecture de Grande Echelle. Le monde académique en profite pour revisiter sa définition de la science prospective et se doter de la capacité d’absorption de méthodologie exploratoire. Eviter de se limiter à des affirmations du genre : « Lascience est intrinsèquement tournée vers l'avenir, cherchant à découvrir des phénomènes inconnus, à approfondir la compréhension du monde et à répondre à de nouvelles questions ». Elle plus que cela : prospective, constructive et transformative.
Les autorités publiques font de même avec la science constructive en vue de faciliter l’adoption du nouvel écosystème fédéral scalable, défixateur et assortatif. Les instances indépendantes en charge de l’étalonnage des qualités performatives s’y emploient accélérant le Moonshot dans la science transformative jusqu’au dernier kilomètre dans tout l’espace Amerigondwana à partir de l’expérience acquise au sein de l'écosystème quantique mondial.
*Sams Dine SY, 12/02/2026
Super Ager à la Retraite
Animateur de la plateforme Open Science https://samsdinesy.org/ dédiée à la Distance Science et ses retombées reproductibles : Dynamique Volitive, Prospective Exploratoire, Policy Analysais, Transformation Systémique









